Dimanche prochain les français se rendront aux urnes pour le premier tour des élections présidentielles 2017. Truckfly vous propose un éclairage sur les propositions des candidats pour le secteur transport en centralisant les principaux engagements des candidats.

les 11 candidats à la présidentielle 2017

Les propositions d'Emmanuel Macron pour le secteur transport

Emmanuel Macron, candidat du mouvement politique En Marche !, souhaite mettre en place un plan d'investissement de 5 milliards d'euros pour moderniser les infrastructure routières et ferroviaires. Pour la partie environnementale, Macron envisage d'aligner la fiscalité du diesel sur celle des autres carburants avec pour objectif à l'horizon 2040 la suppression totale des véhicules thermiques. Pour ce faire, il axerait sa politique sur le développement des énergies électriques, hybrides et hydrogéniques. Enfin, pour la partie sociale, Emmanuel Macron envisage la suspension du compte pénibilité pour renvoyer aux accords de branche.

Emmanuel Macron

Interpelé par l'OTRE (l'Organisation des Transporteurs Routiers Européens), il prévoit la création d'un statut dédié aux chauffeurs routiers au niveau européen qui, selon, lui, garantirait une meilleure uniformisation des protections sociales, salaires, temps de travail etc. En ce sens, il souhaite l'accélération du déploiement des usages du tachygraphe. Enfin, Emmanuel Macron, s'il est élu président, intensifiera les contrôles routiers notamment vis-à-vis des normes environnementales, et augmentera les amendes, jugées trop peu dissuasives aujourd'hui.

Quelle politique des transports pour François Fillon ?

Le candidat de droite des Républicains, François Fillon, souhaite quant à lui favoriser le secteur ferroviaire en le modernisant, tout en développant la mobilité électrique et autonome. Adepte de la massification du frêt pour les marchandises, il est également partisan d'une éco-taxe régionale dont le produit serait partagé avec l'Agence de Financement des Infrastructures de France (AFITF). dont la mission est de mener à bien les projets d'infrastructures montés par le gouvernement et les régions.

François FILLON

Au niveau européen, François Fillon souhaite renégocier la directive sur le détachement des travailleurs, voire la suspendre purement et simplement si les négociations n'aboutissent pas avant 2018. Jugeant d'autre part le compte pénibilité trop complexe, il en envisage son abrogation. Plus précisément, il compte contrebalancer la pénibilité par l'amélioration des conditions de travail dans les entreprises de transport grâce à une politique de prévention plus ambitieuse et une prise en compte réelle de la situation des salariés (examen médical individuel permettant de détecter l'inaptitude).

Les propositions de Jean-Luc Mélenchon pour le secteur transport

Résolument engagé pour les énergies propres, Jean-Luc Mélenchon déclare son soutien à la recherche et développement dans les énergies vertes. Il envisage d'ailleurs de fermer le robinet des subventions encourageant l'utilisation des énergies fossiles (diesel, mais aussi charbon et fioul). En contre-partie, le candidat d'extrême-gauche promet d'accompagner les entreprises comme les particuliers dans leur transition vers le moteur hybride et/ou l'utilisation de carburants les moins polluants. Il souhaite d'autre part relancer le transport ferroviaire grâce au développement multimodal rail-route ou au ferroutage (camions complets chargés sur un train). Enfin, Jean-Luc Mélenchon souhaite la mise en place d'une éco-taxe et d'une tarification d'usage aux frontières pour les poids-lourds étrangers, ce qui permettra l'entretien du réseau routier.

Jean-Luc Mélanchon

Pour le volet social, le chef de file de la France insoumise ! annonce vouloir cesser unilatéralement l'application de la directive sur le détachement des travailleurs afin que la législation nationale s'applique. Désireux d'abroger la loi El Khomeri, Jean-Luc Mélenchon s'engage sur le retour des heures supplémentaires à +25% (la défiscalisation n'étant pas encore tranchée au moment de la rédaction de cet article).

Quelle politique pour le secteur transport avec Benoît Hamon ?

Benoît Hamon s'engage également pour un volet écologique ambitieux. En effet, il envisage d'interdire la commercialisation de véhicules diesel neufs d'ici l'horizon 2025. Le chef de file du parti socialiste est également partisan d'une éco-taxe et de son pendant régionale à destination de l'Afitf pour financer l'entretien des routes départementales et afin de renforcer la coopération état / régions / départements dans ce type de projets. Le candidat socialiste souhaite d'ailleurs développer aussi le mode ferroviaire, pour le transport de marchandises autant que pour les particuliers. Cela s'inscrit dans son souhait d'offrir des alternatives à la voiture individuelle (auto-partage, transports en commun).

Benoît Hamon

Côté social, Benoît Hamon veut négocier un "paquet transport" au niveau européen afin de faire réviser la directive détachement des travailleurs, mais aussi pour créer un socle commun de droits sociaux assurant un salaire minimum, et lutter ainsi contre la concurrence déloyale et les pratiques frauduleuses qui alimentent le dumping social. Dans ce "paquet transport", le candidat socialiste évoque aussi les plateformes offrant des missions aux chauffeurs-routiers, anticipant l'ubérisation de leurs activités indépendantes. Afin d'éviter le sort subi par de faux indépendants en situation potentiellement précaire, Hamon opte pour un statut dédié avec garantie d'une meilleure protection sociale et une meilleure retraite, en prenant en compte différents degrés de précarité. Pour lui, un salarié et un indépendant doivent cotiser de la même façon. D'ailleurs, pour ce qui est des plateformes intermédiaires, Benoît Hamon stipule qu'elles devront subir les mêmes contraintes que les sociétés de transport.

Toujours pour le volet "paquet transport", Hamon souhaite la création d'une agence européenne du transport routier afin d'homogénéiser les règles entre les pays, les pratiques de contrôle, etc. Cette agence pourra être chargée de tenir une liste noire des entreprises fraudant avec le temps de travail, la rémunération de leurs salariés etc. Côté répression, le candidat entend lutter contre les sociétés fictives se domiciliant dans des pays pour faire baisser leurs coûts grâce à une main d'oeuvre moins chère permise par les législations nationales alors qu'elle n'y exerce pas de réelle activité. Le candidat socialiste, interpelé également par l'OTRE, annonce par ailleurs vouloir rendre obligatoire l'usage du tachygraphe également pour les chauffeurs de véhicules de moins de 3,5 tonnes afin de faire respecter les temps de repos pour tous.

Pour le volet autoroutes, qui semble être un sujet assez populaire pour que la majorité des candidats s'en empare, Benoît Hamon entend vérifier que les sociétés privées gestionnaires satisfont bien à leurs obligations d'entretien, de sécurité et de modernisation. Faute de quoi les contrats pourront être révisés.

Enfin, Benoît Hamon entend renforcer le compte pénibilité, et réserver 50% du marché public aux PME.

Les propositions du candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan pour le transport routier

Comme Benoît Hamon, Nicolas Dupont-Aignan se targue de vouloir réserver 50% du marché public aux petites et moyennes entreprises du secteur transport. Une manière, selon lui, de stopper le démantèlement de la filière. En parallèle, il souhaite simplifier les normes du régime général et baisser massivement les charges qui pèsent lourdement sur les sociétés désireuses d'investir dans le transports de marchandises en France.

Côté environnemental et secteur transport, le candidat de Debout la France envisage d'accorder 1 milliard d'euros aux particuliers et sociétés de transport pour les accompagner dans leur transition énergétique. Nicolas Dupont-Aignan a par ailleurs pour ambition d'équiper chacune des 11 000 stations essence du territoire d'une borne de recharge pour moteurs électriques.

Nicolas Dupont-Aignan

Côté pratique et terrain, Nicolas Dupont-Aignan décrie l'absurdité et le non-sens pour les chauffeurs-routiers d'un permis personnel utilisé pour la conduite poids-lourd de façon professionnelle. Il souhaite donc dissocier, et créer un second permis dédié à la profession. Désireux de sortir de l'espace Shengen, le candidat à la présidence de la République Française veut par ailleurs renforcer les contrôles, notamment aux frontières, en créant 10 000 postes supplémentaires en force de contrôle.

Pour Nicolas Dupont-Aignan aussi il est nécessaire de porter regard sur les nouvelles plateformes susceptibles de précariser l'emploi dans les transports. Aussi exige-t-il des sociétés éditrices qu'elles soient contraintes aux mêmes normes fiscales que les commissionnaires de transport, et aux mêmes exigences de formation et de sécurité. Toujours pour le volet social, le candidat émet le voeu de revenir à des heures supplémentaires défiscalisées.

Enfin, Nicolas Dupont-Aignan envisage le rachat des autoroutes privatisées à fin de nationalisation aux prix de vente de 2005, investissements additionnés, profits soustraits.

Les (quelques) propositions présidentielles de Jean Lassalle pour le transport routier

Jean Lassalle

Peu prolixe sur le sujet, Jean Lassalle souhaite l'ouverture d'un débat national pour déterminer les grandes orientations du secteur. Pour autant, le candidat de Résistons ! a déclaré vouloir faire appliquer le droit du travail français aux travailleurs en France, et accroître la responsabilité juridique des donneurs d'ordre sur la sous-traitance.

Les propositions #Transport des candidats Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et François Asselineau

Philippe Poutou et Nathalie Arthaud

Peu bavard sur le sujet, Philippe Poutou a évoqué l'avenir des autoroutes en annonçant leur nationalisation sans rachat ni indemnisation. Le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) a d'autre part assuré qu'il entendait bien réduire le transport de marchandises de façon générale, et a fortiori le transport routier en privilégiant le transport fluvial et ferré.

Pour sa part, Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière a simplement déclaré vouloir investir de l'argent public dans les transports en commun, et donc dans les infrastructures ferroviaires et routières.

Enfin, François Asselineau a seulement évoqué son souhait d'abrogation de la directive détachement des travailleurs.

Quelles sont les propositions de Jacques Cheminade pour le secteur du transport ?

Jacques Cheminade

Désireux du développement du secteur portuaire, le candidat Solidarité et Progrès envisage de créer un axe fluvial Rhône/Saône. Lui aussi souhaitant nationaliser les autoroutes, Jacques Cheminade s'engage quant au rétablissement des dotations aux collectivités territoriales dédiées à l'entretien des voies routières.

Enfin, le candidat veut mettre en place un plan de modernisation des infrastructures de transport à l'âge du numérique (cf notre article sur l'évolution du métier de chauffeur routier)..

Présidentielle 2017 : Les propositions de Marine Le Pen pour le secteur du transport de marchandises

Marine Le Pen est la plus ouvertement favorable à l'énergie hydrogénique, dite énergie décarbonée (propre). La chef de file du mouvement Bleu Marine souhaite également re-nationaliser les autoroutes pour, dit-elle, rendre aux Français le patrimoine qu'ils ont financé. Côté réseau routier, Marine Le Pen souhaite également soutenir l'effort de développement des infrastructures à destination des ruralités (routes donc, mais aussi très haut débit et couverture téléphonique - résolution à même d'encourager à la dématérialisation des documents de transport sur la route).

Marine Le Pen

Si Marine Le Pen estime elle aussi la concurrence déloyale crée par la directive détachement des travailleurs inadmissible (et souhaite son abrogation), elle s'inscrit dans un projet plus large de Frexit qui induit certes de ne plus subir les directives européennes, mais également de ratifier, a priori, de nouveaux accords de circulation pour le transport de marchandises. Dans cette même logique, Marine Le Pen veut instaurer une taxe à l'importation afin de favoriser les produits du territoire comme de donner priorité nationale aux français en taxant l'embauche de salariés étrangers. Enfin, une taxe sera mise en place pour les poids-lourds en provenance de l'étranger à l'entrée sur le territoire.

Marine Le Pen estime le compte pénibilité impossible à mettre en place en l'état actuel des choses et souhaite donc la mise en place d'un nouveau dispositif de visites médicales individuelles réalisées par la médecine du travail. La pénibilité constatée devra être compensé par des annuités retraite.

Une élection présidentielle surprise

Depuis la victoire de Donald Trump alors que le sondages donnaient Hilary Clinton vainqueur aux dernières élections américaines, voire depuis le fameux duel Chirac-Le Pen, on ne peut plus jurer de rien, diantre ! Journalistes et éditorialistes s'en arrachent les cheveux. Qui peut dire, d'ailleurs, pour qui il votera dimanche prochain ? Les écarts entre les intentions de vote ne cesse de se resserrer depuis des semaines. Si bien qu'aujourd'hui plus personne ne se risque à aucun véritable pronostic.

Pour autant, le dernier sondage OpinionWay/Orpi pour Les Echos et Radio Classique concernant l'élection présidentielle 2017 affiche Marine Le Pen et Emmanuel Macron à égalité au 1er tour avec 22% des intentions de vote, François Fillon à 21, Jean-Luc Mélanchon à 18.

Et vous, votre choix est-il fait, ferme et définitif ?

Sources :