Une étude du cabinet PWC intitulée “l’ère du camion digital : la transformation de la logistique et de la chaîne de valeur” met en avant les facteurs qui vont mener à une véritable révolution du marché avant 2030.

Cette révolution va prendre forme dans les pays développés et va aboutir à une réduction significative des coûts d’exploitation du transport de marchandises tout en améliorant la sécurité sur les routes.

Repenser l’architecture du transport routier

Le transport routier comme il existe à l’heure actuelle va se voir totalement modifié aussi bien sur le fond que sur la forme. Les premiers tests aux Etats-Unis et en Allemagne de déplacement en peloton, les convois en “platooning” permettent à plusieurs camions de se déplacer de manière synchronisée grâce à des capteurs intelligents et à un réseau wi-fi local.

Le camion du futur va prendre part dans de nouvelles conceptions de la chaîne logistique qui met l’accent de plus en plus sur le dernier kilomètre.

Pour répondre à ce nouveau challenge et à ce besoin d’innovation, deux types d’acteurs s’attèlent à la tâche. Tout d’abord les constructeurs poids lourds historiques marquent leur position dans les recherches sur les camions de demain et aussi sur les smartroads. En créant des nouveaux départements 100% solutions digitales et avec des partenariats stratégiques, des nouvelles propositions voient déjà le jour. Les géants de la tech se lancent aussi à l’assaut du secteur du transport routier de marchandises en travaillant principalement sur la question du camion autonome. Tesla a annoncé dans son plan de maître sa volonté de passer de la voiture autonome aux poids lourds autonomes. Uber avec sa filiale Otto a déjà réalisé le premier test en partenariat avec le brasseur américain Budweiser.

La question de la sécurité est généralement mise en avant lors des tests et fait partie des préoccupations majeures pour une transition vers la généralisation de ce genre de technologies. Les plus pessimistes imaginent difficilement le dédouanement total du chauffeur au profit d’une intelligence artificielle qui pourrait très bien être … piratée.

Ainsi le poids lourd est repensé dans sa mission et son utilité pour le futur et les enjeux de demain. Actuellement, nous vivons une fabuleuse période de redéfinition avec un champ des possibles très ample en gardant comme ligne de mire un plus grand respect de l’environnement. En effet, le secteur du transport dans son ensemble représente 1/3 des émissions de CO2 dans l’atmosphère.

Sur le plus long terme, la forme même du camion sera à revoir. Un jour si le camion n’exige plus la présence d’un chauffeur, à quoi bon avoir des pédales, des sièges et un volant ?

Sur le moyen terme, le plus raisonnable est d’envisager des moteurs hybrides pour les longs courriers et des 100% électriques pour la distribution.
Avec l'introduction progressive de technologies semi-autonomes : aide à la conduite, adaptation à l’environnement de circulation, contrôle de la consommation...

Les constructeurs se sont donc attelés au développement de solutions répondant à ces objectifs. La position du leader de demain est directement basée sur l'efficacité et le déploiement de ces innovations.

le camion du futur

Augmenter la connectivité des acteurs du transport routier de marchandises

Un autre volet du transport routier de marchandises de demain est l'utilisation intelligente des informations et des données en présence.

L’utilisation de la data de manière dynamique peut avoir de nombreux avantages d’optimisation: moins d'intermédiaires, numérisation accélérée, cycles business plus fluides et pilotage simple et complet des activités logistiques.

Au delà de la gestion intelligente et totale des informations, la connexion entre les acteurs du secteur va pouvoir permettre de nouvelles interactions, toujours dans l’objectif de la simplification de l’exploitation.

Les camions avec des capteurs intelligents peuvent interagir entre eux et avec l’environnement (les routes, les péages) pour récolter de l’information sur les caractéristiques de conduite en temps réel. L’objectif est d'améliorer la sécurité sur les routes, en effet les erreurs menant aux accidents sont souvent liées à un problème d’appréciation ou une mauvaise réaction humaine. De plus, cela peut permettre de fluidifier le trafic de manière automatique et d’être informé sur les taux de remplissage des arrêts routiers.
Les outils intelligents seront intégrés progressivement sur les nouveaux modèles et les nouveaux équipements.

Entre les camions, les informations les plus intéressantes à communiquer sont la position, la vitesse, la direction, la charge transportée … Cette interconnexion va permettre de multiplier les pratiques de convoi en peloton et accélérer la réduction de consommation.
Pour une combinaison de 3 plateau, PwC estime à 11% la réduction de consommation.

La connexion s’applique aussi à l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique qui pourront être informés en temps réel sur la marchandises du fournisseur jusqu’au client final. Chaque ralentissement ou incident lors du transport sera directement communiqué en amont et en aval pour pouvoir prévoir des réponses adaptées le plus rapidement possible.

camion connecté

Répondre aux défis environnementaux

Le transport routier est pris en étau entre une double logique. D’un côté il est absolument nécessaire pour l’économie au quotidien, de l’autre il est un poste important d’émissions polluantes. Les acteurs du secteurs sont en train d’écrire les solutions de demain pour redorer la mission du transport.

Les technologies de demain doivent aussi relever les défis de préservation de l’environnement et répondre aux objectifs de réduction des émissions polluantes.
L'introduction de nouvelles technologies de propulsion ou d’alimentation va permettre une meilleure efficacité dans le transport et de réduire sur le long terme les coûts d’exploitation.

Les technologies de contrôle et de limitation de consommation permettent aussi une meilleure utilisation du matériel préservant ainsi la durée de vie des pièces d’usure.
Les capteurs connectés peuvent recouper l’information pour optimiser le fonctionnement interne du poids lourd et réduire sa consommation en se basant sur l'anticipation.
Le télédiagnostic va pouvoir permettre de détecter le plus tôt possible les pièces défectueuses et par exemple transmettre l’information au garagiste le plus proche afin qu’il puisse déjà préparer la solution de réparation. Cela aura un impact direct sur la maintenance et la rationalisation des changements de pièces.

Dans ce futur qui se profile déjà, de nombreuses questions se posent, notamment sur l’avenir du facteur humain dans le transport routier à l’heure des camions autonomes. Les promoteurs de ces technologies mettent généralement en avant l’argument de la réduction du coût de revient car le chauffeur représente plus de 38% de la structure de coût. Le TRM en 2030 mettra donc en lumière des nouveaux acteurs, des nouvelles structures de coûts et aussi des nouveaux business models.