Des solutions complémentaires et non concurrentes

Le transport multimodal est aussi qualifié de transport combiné ou intermodal. Il est défini comme l’utilisation de modes de transport successifs pour des marchandises entraînant des ruptures de charges.

Les principaux modes de transport pour des marchandises sont le routier, le ferroviaire, le maritime, le fluvial et l’aérien. Les combinaisons d’acheminement peuvent être multiples même si le transport routier reste dominant. Le principe du transport multimodal est jouer avec différents canaux disponibles pour optimiser les délais de livraison mais aussi les coûts d’acheminement.

Les solutions alternatives de transport de marchandises n’ont pas toujours fait leurs preuves. Le transport ferroviaire à cause des coûts engendrés par la maintenance du réseau d’infrastructures est en chute depuis une décennie. Alors que la croissance du transport par les voies fluviales connaît une croissance similaire au routier mais ne représente que 2,3% du transport de marchandises en France. Les principaux axes fluviaux sont : la Seine, le Rhône, le Rhin, la Basse Saône, le Nord Est Parisien.

Le secteur du transport est l’un des secteurs de l’Economie où les émissions de gaz à effet de serre sont encore en augmentation et représente ⅓ des émissions nationales françaises. L’utilisation des barges fluviales et des trains pourraient permettre d’amorcer cette réduction. En terme d'émissions 1 convoi fluvial équivaut à 4 trains complets et 220 camions. Ces dernières ont pourtant amorcées une réduction les dernières années dans le domaine agricole et l’industrie.
Le routier restera éternellement la solution du dernier kilomètre. Mais il est possible de quantifier davantage les flux logistiques, de les étudier pour les coordonner avec différents modes d'acheminements. Pour cela, il est important de comprendre les particularités des marchandises et leurs caractéristiques opérationnelles, comme la connexion des entrepôts avec les modes de transport.

Le routier domine, les autres suivent

Cependant le réseau routier se voit souvent saturé à cause des engorgements ce qui augmente les pertes de temps sur livraison et la dégradation de l’environnement. Il reste une solution de transport souvent privilégiée lorsqu’il s’agit d’absorber les hausses de la demande de marchandises.
Cependant le raté de l’écotaxe montre bien que le secteur n’est pas prêt à concéder une telle taxe pour le financement et l’équilibrage des infrastructures avec des modes d’acheminement alternatifs. Le grenelle de l’environnement en 2009 avait émis comme objectif: 25% des transports réalisés via des infrastructures alternatives au routier. Une telle avancée est nécessairement conditionnée par la géographie du territoire. De plus les subventions publiques sont davantage orientées vers des solutions mixtes pour couvrir la chaîne logistique globale. La commission européenne travaille aussi dans ce sens en rappelant que les modes de transport sont complémentaires et non concurrents.

Chaque mode de transport a ses avantages et ses inconvénients. Le transport routier permet d’avoir un moyen de transport direct porte à porte avec une manutention limitée. Cependant les infrastructures sont déjà relativement saturées et les prix de moins en moins compétitifs. Le ferroviaire et le fluvial permettent l’acheminement de volumes beaucoup plus importants à prix compétitifs sur des longues distances. Mais ces solutions dépendent toujours de la route pour le dernier kilomètre et sont très hétérogènes sur l’ensemble du territoire. Elle ne peuvent pas être des solutions automatiques et incontournables.

Un effort européen pour le développement de solutions alternatives

L’une des clefs de compétitivité d’un espace est très certainement de jouer sur ces combinaisons pour désengorger les principales voies de transit de marchandises et l’union européenne veut jouer sur ces différents maillages pour gagner en compétitivité.
De plus grâce à sa géographie et à son Histoire, l’Europe possède le réseau le plus dense et le plus diversifié du monde !

Il y a aussi des tests de transport combiné avec lesquels les supports de transport sont littéralement assemblés. Les autoroutes ferroviaires font partie de ces solutions. Ce sont des trains portant des poids lourds avec des convois allant jusqu’à 800m de longueur. La cour des comptes a relevé plusieurs fiascos en la matière notamment celui dans les Alpes qui était limité à une très faible vitesse de circulation de par la topographie. Cette “autoroute” n’a aucunement répondu aux objectifs de décongestion du réseau routier et de réduction des émissions polluantes.