Comme tous les secteurs de l'Économie, le TRM va passer à l’ère du numérique et des supports connectés. Ce secteur vital pour le maintien de l’activité des entreprises industrielles et commerciales est à l’aube d’une nouvelle ère qui va lui permettre d’être optimisé.

Des énergies fossiles au gaz naturel, des nouvelles solutions pour les camions

Face aux puissantes critiques faites aux carburants fossiles, le marché a dû développer et s’approprier des solutions plus diverses. Le TRM a misé les dernières années sur le gaz naturel par exemple.

Le réseau de stations offrant cette solution n’est pas encore très développé mais des nouvelles zones totalement sécurisées et équipées avec les premières stations GNL voient le jour. Certaines flottes de transport routier de marchandises investissent massivement dans cette solution. Ces camions, plus cher à l’achat, sont généralement amortis sur 5 ans à hauteur de 50 000 kilomètres par an.

Les camions utilisent alors du gaz liquéfié, c’est à dire un gaz naturel qui est similaire au méthane quasi pur. Avant il était utilisé sous sa forme comprimée plus volumineuse (la forme liquide prend deux fois moins de place et doit être conservée à -160°).
L’objectif de ce carburant est de réduire l’émission de particules mais aussi d’oxyde d’azote. Les moteurs au GNL sont aussi plus silencieux et permettent les livraisons en centre-villes de nuit. L’homologation des réservoirs a été récente et cette solution se démocratise progressivement. Le premier constructeur à se lancer dans la création de modèles GNL a été Iveco, rapidement suivi par Renault et Scania.

En France, les importations de GNL viennent principalement de Russie et d’Algérie. C’est un marché qui s’élève à plus de 230 millions de tonnes produites par an. Un des enjeux majeurs pour les pays est le contrôle des terminaux d’importation. Le Japon reste le premier marché en terme de GNL, important près d’un tiers de la production mondiale.

Routes intelligentes : des nouveaux revêtements dynamiques

Un autre enjeu pour le transport routier est la qualité des routes empruntées.
Les “smartroads” constituent un nouveau volet de la modernisation des infrastructures. Les routes pourraient être équipées de capteurs intelligents donnant des informations essentielles sur l’état de la route : sa déformation, humidité, température. Un travail de collecte de données peut permettre d’anticiper tout type de réparation en limitant l’impact sur les usagers de la route. Ces outils intelligents peuvent prévoir et limiter la gêne pour les utilisateurs lors des travaux de réparation sur les routes.
Des entreprises travaillent aussi sur la production électrique à partir du sol, notamment par l’insertion de panneaux photovoltaïques hyper résistants sur la chaussée. La première entreprise à avoir lancé ce type de prototype est Colas, filiale du groupe Bouygues. L'électricité directement produite est transmise au réseau local d’énergie publique. Avec ces avancées technologiques, les routes deviendront elles aussi intelligentes : elles pourront se réparer elles mêmes et être totalement autonomes en énergie pour fournir en électricité l’éclairage et les signalisations. Ces supports intelligents peuvent inclure des dynamiques et permettre une meilleure auto-protection. Des pompes de chaleur intégrées aux matériaux de construction pourraient même permettre de refroidir les routes en été et inversement en hiver.

Des questions se posent néanmoins sur le coût de ces nouvelles infrastructures totalement révolutionnaires. Les premières estimations indiquent un coût au moins égal aux routes actuelles pour des durées comparables d’utilisation. Pour l’entreprise Colas cela correspond au passage de 1 million de camions et 15 ans d’existence. La limitation des frais due à des travaux mal calculés et non nécessaire est aussi un argument à mettre en avant pour l’amortissement de telles infrastructures.

Le camion autonome, un futur automatisé ?

En Avril dernier, les principaux constructeurs à savoir DAF, Daimler, IVECO, MAN, Scania et Volvo ont mené un projet de traversée de l’Europe par un cortège de camions autonomes. Sans chauffeur, les résultats sont assez édifiants : les économies de carburant sont flagrantes, la conduite est optimisée.
Les camions en file indienne étaient reliés entre eux par wifi mais aussi par capteurs intelligents. Face à une réactivité accrue, les distances de sécurité ont pu être divisées par deux, les vitesses étaient constantes, les phases d’accélération et de freinage totalement synchronisées.

La réglementation doit encore suivre le rythme et permettre des nouveaux tests en condition réelle. En Allemagne des tronçons d’autoroute sont déjà totalement dédiés à ces tests nécessaires au perfectionnement de la technologie.

Les marques entrent en concurrence dès maintenant avec des campagnes de communication dantesques autour des premiers essais à succès. En Septembre le géant Volvo à pris pour cadre de lancement la mine la plus profonde de Suède, le camion devait se déplacer sans conducteur dans des canaux très réduits, avec des obstacles fréquents et des zones fortement humides. Le camion passe avec brio l'épreuve allant jusqu’au freinage d’urgence provoqué par un technicien qui s'est soudainement positionné sur sa trajectoire.

Uber a réalisé une acquisition dans ce domaine avec Otto. Le lancement du premier camion autonome de la marque s’est fait en partenariat avec une marque de bière américaine très populaire. Le convoi exceptionnel a transporté de manière autonome le chargement du brasseur Budweiser sur 200 kilomètres. Les conditions étaient optimales pour un test réussi : le trafic était léger et le ciel dégagé.

Le transport routier de marchandises va pouvoir bénéficier des avancées technologiques présentes sur le marché et regagner en compétitivité pour rétablir des marges intéressantes. Le camion totalement autonome et les autoroutes intelligentes font partie d’un futur proche qu’il sera intéressant de découvrir.